Archive pour août 2009

Aventure à Cissac : Reggae Sun Ska.

Lundi 24 août 2009

Il y a des aventures que l’on n’oublie pas. 

standmedulinature.jpg

 Le stand de Medulinature, lieu de ralliement des bénévoles et point infos sur tout ce qui touche l’environnement

Meduli Nature partenaires officiels du festival « Reggae Sun Ska » propose  gratuitement une de ses aventures inoubliables, avec le gite et le couvert. 

Je vois déjà une lueur d’envie au fond d’avides yeux d’aventuriers en mal de forêts hostiles, remplies d’irascibles insectes qui piquent, de perfides reptiles à l’affut d’une cheville trainante. Je vois déjà le style d’aventure que vous imaginez. Mais cette aventure ne vous permettra pas de dévorer d’énormes chenilles vivantes, ni de traverser le fleuve Congo à dos d’hippopotame coléreux, vous donnant la panoplie du parfait héros dont la moindre blonde pulpeuse à forte poitrine ne pourrait pas ne pas tomber sous le charme. Non, celle-ci est plus humble, moins « éclatante », moins sujette à admiration (quoi que !) Elle se passe dans le médoc, généralement vers le 15 aout, et rassemble quelques 25 à 30 de ces curieux aventuriers au milieu d’une foule de 30 à 40.000 hommes et femmes dans un petit village tranquille… 

            En voici le récit :

 

 

Cédric (un des fondateurs de Meduli Nature) et moi arrivons sur le site du festival ou la musique se fait déjà bien entendre. Elle cerne le clocher du petit village de Cissac (1733 habitants) d’une aura jamaïquaine. Nous posons nos affaires et montons nos tentes sur l’emplacement du camping des « bénévoles aventuriers » qui rassemble une trentaine de tentes. Nous retrouvons Samy, (un autre des fondateurs de l’association Meduli Nature avec Axel et Cédric). Il nous délivre les badges, indispensables laissez-passer qui doivent nous ouvrir les voies dans cette jungle festive durant les 3 jours. Je suis convié au stand de l’association pour parler des actions de celle-ci, pour répondre aux questions sur la localisation des tortues cistudes, pour évoquer la fragilité du littoral médocain, l’utilité des coraux , la disparition imminente du Panda chinois et l’envolée prochaine de l’économie des éoliennes à pédales. Je suis dans mon milieu, dans le milieu de ceux qui pensent qu’il y a urgence, qu’il faut le dire, et qu’il faut bouger. Je dois tenir le stand, accompagné des potes de Meduli, Mathieu, Isabelle, Blandine, Catherine, Juliette, Sébastien, Cédric, Marine, Théo, Alex… L’ambiance est effervescente. On est bien ici. Je vais chercher ma première bière avec l’Eco-verre.

gobelets.jpg« Distribution des verres consignés : Si tu payes, tu fais gaffe »

D’abord la queue pour récupérer le verre consigné, puis la queue pour récupérer le ticket, et la dernière pour la bière. L’affaire n’est pas simple  mais le résultat est sans appel. Sur les quelques centaines de mètres carrées du stade, l’équipe récupéra moins de 20 verres jetés sur les 2 jours de festival.

Nous finissons la première soirée à l’espace VIP, à boire quelques verres, faire connaissance et continuer à refaire le monde, lancer des idées, en débattre, les soumettre, les discuter. Décidemment, ca me plait. 

Le réveil à 8 heures est quelque peu douloureux, mais le pire est à venir, et je ne le sais pas encore. Petit déjeuner, quelques blagues approximatives et vaseuses (tout fait rire à 8 heures du matin quand on a peu dormi la nuit) et on va sur le site. Samy distribue les gants. La consigne est claire : Faut nettoyer. Pas de quoi fouetter un chat en somme.
Je franchis l’entrée du stade : 

Oh putain !!!!! 

Oui, je sais, c’est pas poli, mais c’est la seule formule qui me vient à l’esprit. Peu de gens de notre génération ou des générations précédentes peuvent imaginer ce que pensaient les gladiateurs lorsqu’ils rentraient dans l’arène pour faire face à des lions et des tigres affamés.
A présent, je sais :
C’est un combat impossible !
J’ai la même sensation ! C’est impossible. Ces jeunes sont fous ! Il faut les faire enfermer, annuler les concerts, radier l’association Meduli Nature, faire exécuter ses membres, reprendre mes gants, me ramener chez moi et me planter devant la télé avec les 1750 derniers épisodes des « feux de l’amour, la rétrospective de jeux sans frontières des 10 dernières années ou le dernier épisode de « Plus belle la vie », avec en prime un double Big-mac et une canette de Red-Bull dans mon plateau télé.
 

Face à moi se dresse un champ de détritus de tout ordre. Il y en a partout. Pas un demi-mètre carré n’est épargné de cadavres de bouteilles, de canettes, d’assiettes, de tongs, de paquets de clopes, de bouteilles de verre, de frites maculées de ketchup de mayonnaise, de poches en plastique….(Pour l’anecdote, certains ont trouvé du fric, quelques euros. Pour ma part, j’ai « hérité » de préservatifs, de champigons hallus et de quelques boulettes égarées, ca doit être mon côté sex, drugs and Rock’n Roll)
Il y en a partout. On pourrait croire que les américains ont procédé à un larguage de déchets pendant la nuit

Oh putain !! Bon, et bien au bout d’un moment, il faut arrêter de dire « putain » et puis il faut y aller. Les habituées des années passées ont déjà bien entamé la folle et étrange danse du ramassage. Ne pas se poser de questions, ne pas regarder devant, foncer ! Lutter contre cet amas de détritus, lâchés volontairement par la foule de festivaliers, chevaliers du combat pour la défense des droits de l’homme, de l’égalité et de l’environnement. Tu parles. Ils sont la pour refaire le monde et ils le dégueulassent en chantant et en dansant, piétinant leur propres immondices sans le moindre regret, la moindre conscience. J’ai la haine, vous n’avez pas idée à quel point. Axel, habitué et acteur volontaire de ce film surréaliste me rassure et m’invite à la patience, à la tolérance, à la mesure. Quel toupet ce jeune quand même. Quel toupet providentiel ! J’ai l’impression qu’il a 20 ans de sagesse de plus que moi. Il a raison. Il faut continuer, expliquer, ne pas donner de leçon, ne pas gueuler, ne pas heurter. Il me raconte que lorsqu’il croise la première cohorte des innombrables visiteurs, il ne voit plus des hommes, mais des déchets sur pattes. Mais ca fait 5 ans qu’il recommence, inlassablement, patiemment. Et le miracle arrive. Il est 13 heures lorsque, relevant le menton, je jette un coup d’œil d’une rapide vision périphérique. Le stade est propre, tout a été balayé par les nouveaux héros du XXI ème siècle : « Les chevaliers éboueurs ». Immergé au cœur de cet épisode, mon statut de « stagiaire » me donne la mesure de la tache dont se sont emparés ces « jeunes fous » et surtout la preuve que l’impossible ne le fut pas. 

Nous consommons le repas régénérateur dans de la vaisselle compostable. Je m’écarte quelques minutes de la tablée pour aller reposer mon gros corps « douloureux » et mon esprit dans un petit carré d’ombre providentiel, propice à la sieste réparatrice (incontournable habitude hérité de mes derniers voyages orientaux). Celle-ci n’est pas de trop avant d’attaquer la deuxième demi-journée. 

Nous voici rendus quelque part dans le gigantesque camping des festivaliers. Le stand, réalisé avec les moyens du bord est fait de quelques tables de classe des années 70, surmonté d’un amas de ferraille surplombant le tout, donnant des allures de kiosque incertain. Il permet d’assembler les éco-packs et de les distribuer au plus de festivaliers possibles afin de sensibiliser encore et toujours sur la nécessité de n’être pas des « sagouins ». Une partie de l’après midi est consacrée au découpage, pliage et assemblage de poches poubelles vertes, jaunes et rouge, à la distribution et à l’explication du fonctionnement et de la nécessité du tri sélectif. En gros, nous consacrons l’après midi à plier des centaines de poches poubelles et à la distribuer avec le sourire et la pointe d’humour qui va bien.

blandineetjuliette.jpg  Blandine et juliette au « pliage »   

 romainecopacks.jpg Romain en pleine séance de sensibilisation et de distribution d’Eco-pack. 

La deuxième activité ne demande pas un niveau d’étude équivalent au DESS, mais beaucoup plus. Elle exige de la patience et de la foi.
Une table de tri faite de tréteaux et de bois de récupération est là pour accueillir toutes les poches jaunes sensées recevoir tout emballage de bouteilles plastiques, de canettes métalliques et de cartons « non souillés ». Je dis « sensés » car la réalité est tout autre. Axel évoque aujourd’hui avec le sourire que la rigueur de tri évolue avec la soirée. Les strates de déchets amoncelés au fil de la soirée témoignent d’une perte de clarté d’esprit au fur et à mesure que la soirée avance, le tri devenant « étonnamment » plus aléatoire sur le « tard ».
Il faut donc verser les poches jaunes et retrier les articles dédiés avant de les balancer dans la benne de plusieurs mètres cubes de contenance,dechetsplastiques.jpg recevant sur les bras, les avant bras et tout ce qui dépasse du « jus de tout », conglomérats de graisse de n’importe quoi mêlé de mayonnaise, de bière, de coca, de résidus de déchets de festivalier. Nous ne trions plus de déchets. Nous pensons déchets, nous vivons déchets, nous sommes déchets parmi les déchets. Dieu des déchets, aidez nous. (Ainsi que l’évoquait brillament un pote bénévole au coeur de la soirée VIP : Jésus Trie)
Il est fascinant de voir les montagnes de bouteilles plastiques, récipients éphémères, au rebut, pour lesquels se battrait 70 % des gosses africains qui en tirerait un usage instantané et durable. Il est intéressant de savoir combien de jouets ou d’articles de décos pourraient fabriquer ces mêmes gosses avec les canettes en fer des majors Heineken, Kro, Coca, Monster, Red Bull et autre produit magnifiquement anti-bio, anti développement durable, et purs produits d’une consommation envahissante, déraisonnable et à contre sens d’un progrès de bon sens.
Durée de vie de ses objets. Le temps de transport du breuvage jusqu’au gosier.

L’épuisement du stock de poches poubelles annonce la fermeture du stand. Le centre de ralliement est le stand de Meduli Nature. On se retrouve tous là bas histoire d’échanger notre journée, nos sensations, nos idées, nos « projets », nos critiques, non sans poursuivre la diffusion de notre message aux nombreux « clients » du stand, amateur de nouveau, de changement, d’audace. 
Nous terminons la soirée à l’espace VIP. La décence et un certain sens de l’honneur et de la dignité m’empêchent de raconter de quelle façon se déroula la décompression de l’équipe des bénévoles (en tout bien tout honneur cela dit), mais pas de dire que la fête dura jusqu’au petit jour. Le lendemain, je me retrouvais avec un chapeau très lourd et très serré sur la tête que j’ai gardé pendant toute la journée, renonçant à l’enlever après que les potes m’aient dit que je n’en portais pas. (J’ai mal du digérer la tarte aux pommes du soir). 

Nous voilà repartis, tant bien que mal, pour le nettoyage des rangs de vigne à proximité de l’entrée du festival. C’est impensable. Il y en a encore plus partout que sur le stade, et le tout sur plusieurs hectares de terrain. Le travail nécessaire au nettoyage de ce carnage va prendre plusieurs jours. Des petits malins, animés de je ne sais quel instinct bizarre, ont balancé leurs détritus le plus loin possible dans les rangs de vigne. Il faut faire plusieurs dizaines de mètres, à chaque fois, dans chaque rang, pour aller chercher qui un paquet de clope, une poche remplie de papiers, une canette, une bouteille, des préservatifs, des tampons hygiéniques (hygiéniques mon c.. !!!) En même temps que mon chapeau n’en finit pas de me serrer le crane, le désespoir m’envahit. J’ai besoin d’arrêter, j’ai besoin de repos. Il faut que j’éteigne la lumière. Cédric m’interpelle, il faut rentrer, on s’arrête. Je suis sauvé !

Il faut savoir ceci. Le concert s’est achevé le samedi. J’ai pu participer à « l’aventure » jusqu’au dimanche après midi. Les bénévoles les plus disponibles resteront pour nettoyer le surplus jusqu’à…samedi !

Au sortir de cette épopée, il me reste un gout amer dans la bouche, et des foules de questions. Comment expliquer à tous ces gens qu’ils auraient intérêt à cesser de faire ce qu’ils ne feraient en aucun cas chez eux, et encore moins chez leurs potes. C’est à dire balancer leur saloperie n’importe où sans se poser la moindre question. Peut être en leur expliquant qu’ils sont ici aussi chez eux.

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Les gentils « Krados pacifiques » et leurs idoles

 Pourquoi les artistes, dont la notoriété permettrait de faire faire n’importe quoi à leur public  « : taper dans les mains », « chanter tous en cœur », « lever la jambe droite » « la gauche » et pourquoi pas « garder vos déchets avec vous en attendant de trouver une poubelle » ne s’engagent t’ils pas davantage dans le combat de Meduli Nature et de toutes les associations de protection de l’environnement grâce à qui, finalement, leur concerts peuvent se réaliser. Si les déchets restent sur les stades, dans les rangs de vigne, chez les riverains, sur les trottoirs,  il y a fort à parier que les festivals sont déjà condamnés. Il est indispensable de militer pour l’égalité, pour la défense des droits de l’homme, et pas moins pour la protection de ce qui nous entoure, et grâce à qui nous vivons.

Au sortir de cette épopée, il me reste un immense espoir au vu de cela :
Cette génération des 25-30 qui croit à un combat que certains sages, certains philosophes, de comptoir ou de métier, voient pourtant perdu d’avance.
Ces hommes et ses femmes qui, au delà de la prise de conscience, ont réalisé que l’action, les tests, l’essai étaient source d’améliorations, d’ouvertures, autant de possibles à explorer.
Qu’au-delà de la parole et de la réflexion, les actes et les résultats parlent.
Que ce sont les actes et les résultats qui portent le sens, et que la dynamique générée par le sens, par les valeurs, est invincible.

Pour clôturer cet essai, cette anecdote me parait la mieux adaptée.
Alors que Romain distribue les éco-packs avec le sourire et toute la diplomatie et l’humour nécessaires, un festivalier nous interpelle :
C’est super ce que vous faites, franchement j’aimerais pouvoir vous aider. Et voila qu’il s’emballe : D’ailleurs je peux consacrer une heure pour vous, allez dites moi !
Et romain, spontané, de dire : « T’as qu’a commencer par ramasser les mégots par terre ! » 
Je rajouterais « Ou ne pas les y balancer », ca commence par là !

L’énergie des mers

Mardi 11 août 2009

L’énergie des mers dans Les questions qu'on se pose vague

Comment ne pas voir, ne pas entendre l’extraordinaire puissance qui se dégage des manifestations de cet élément naturel : l’océan ? Qui ne s’est pas pris les pieds un 14 juillet ou un 15 aout dans ce « tapis liquide » pour se faire envoyer valdinguer comme un simple fétu de paille. N’est ce pas un bon moyen de prendre conscience tout naturellement de la force, de la puissance, de l’énergie générée par cet élément.

Certains spécialistes de l’énergie avancent que l’exploitation d’1% du courant du Golf Stream suffirait à couvrir les besoins de l’humanité en énergie.(Mais toujours dans la même dynamique, si je faisais sans effort des bonds de 30 mètres, j’aurais probablement participé aux J.O de Pékin pour aller chercher ma médaille d’or de saut en hauteur et en longueur.)

L’énergie des mers présente bien des avantages, sous plusieurs aspects.

 

L’énergie des vagues (houlomotrice)

energie20vague dans Les questions qu'on se pose

Ce système utilise la puissance et le mouvement des vagues pour les transformer en énergie.
Les « serpents Pelamis », sont la représentation actuelle de l’exploitation de cette source d’énergie. Ils sont constitués de structures amovibles, reliées entre elles par des articulations, elles mêmes reliées à des pompes hydrauliques qui récupèrent l’énergie. Cette conception ne crée pas de nuisance particulières pour l’environnement. En revanche, elle implique de redessiner les tracés marins, demande une maintenance couteuse, car son implantation se fait ou se trouvent les vagues, donc éloignée de la côte, et, de ce fait,  produit une énergie non encore rentable.

 

L’énergie des marées (marémotrice)

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Le barrage de La Rance en Ile et Villaine (inauguré en 1966), unique usine au monde, témoigne de la timidité de l’engagement sur cette source d’énergie.
Impactant l’environnement, ce système qui utilise les passages de marées, ne produit l’énergie que 4 à 5 heures par cycle, mais de façon parfaitement prévisible.
L’implantation de tels sites dépend de l’amplitude des marées, et donc de la structure cotière, limitant les sites potentiel dans le monde. C’est une énergie d’appoint.


 

L’énergie des courants marins (Hydroliennes)

hydrolienne
Autant il est possible d’évoquer avec quelque justesse les avantages et inconvénients de certains systèmes capteurs d’énergie « propre ». Pour ce qui concerne l’hydrolienne, il faut savoir que la plupart des pays européens sont en train d’étudier l’hypothèse de la faisabilité potentielle d’hydroliennes. Les norvégiens, les italiens et les anglais ont fabriqué quelques parcs qui restent encore aujourd’hui sur le plan expérimental.
L’EDF, pour sa part, a prévu un
projet de 3 a 6 hydroliennes qui devraient être raccordés au réseau en 2011 pour une capacité totale de 4 à 6 MW/h.


 

L’énergie thermique des mers

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Cette énergie est sensée être produite par l’exploitation de la différence de température qui existe entre les eaux chaudes de surface (jusqu’à 25 °) et les eaux froides profondes (de 2 à 4 °). C’est  une source d’énergie potentiellement inépuisable et constante puisque la différence de température existe toujours. La technique qui permet de récupérer l’énergie électrique pourrait être associée à d’autre techniques permettant la production d’eau douce, ouvrant une voix pour les zones insulaires isolées.
Aujourd’hui, seuls quelques pays, Etats unis (apres la crise pétrolière de 1973) le Japon, la France possèdent quelques sites expérimentaux.


 

L’énergie osmotique :

energieosmotique

Elle exploite la différence de pression qui existe entre eau douce et eau salée. Si les deux liquides sont séparés par une membrane semi perméable, l’eau douce (moins de pression) migre naturellement vers l’eau salée (plus de pression). La surpression issue de ce mélange est utilisée pour actionner des turbines qui créent l’électricité.
La difficulté à l’heure actuelle est représentée par la surface trop importante de la membrane pour un rendement relativement faible.

Un premier projet de centrale osmotique devrait voir le jour prochainement en Norvège, à Oslo.


Conclusion : Malgré un fort potentiel de solutions, la technologie mise à la disposition de la recherche de l’énergie que l’on peut tirer des océans n’en n’est qu’à ces balbutiments. L’avantage indiscutable des sources d’énergies marines est la constance de la production (courants marins, pression osmotique, énergie thermique, utilisation des marées).
Elle reste cependant très loin, à ce jour, de remplacer les énergies fossiles.

 

On s’est bien amusé

Jeudi 6 août 2009

 L’écrivain Fred Vargas nous raconte…

On s'est bien amusé dans Instants, histoires de vies fred_vargas2.1241690995

Fred Vargas et la planète :  »On s’est bien amusé »
Fred Vargas Marcelgreen.com (France)
Le 21-01-2009 (Publié sur internet le 11-03-2009)

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.Quand je dis nous, entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons
construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit
trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé
en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche,
nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire
qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.Certes.Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.