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Archive pour janvier 2009

L’empire de la honte

Mardi 27 janvier 2009

L'empire de la honte dans A bouquiner ziegler 

empirehonte2 dans A bouquiner

Jean Ziegler,

ancien rapporteur à l’ONU sur le droit à l’alimentation dans le monde,

a parcouru la planète partout où la misère frappe des milliards d’hommes de femmes et d’enfants. Il décrit dans son dernier livre “l’empire de la honte” les pratiques irresponsables des institutions “Bretton Woodsiennes”, les destructrices opérations de marketing des sociètes transcontinentales et l’emprise et la main mise de l’empire Etatsuniens sur toutes les institutions internationales. Il évoque les nouveaux seigneurs de la féodalité contemporaine et traduit leur arrogance et leur suffisance à l’égard des pauvres gens. C’est un refus obstiné à la fatalité, un appel à une révolution des consciences, des idées.

Est ce que les énergies “naturelles”, pétrole, gaz et charbon, c’est “caca” ?

Lundi 26 janvier 2009

Préambule :

Est ce que les énergies “naturelles”, pétrole, gaz et charbon, c’est “caca” ? dans Les questions qu'on se pose naufrage

Il est parfaitement rentré dans les moeurs, et tout à fait normal de s’insurger devant de telles images, et surtout devant le peu d’entrain que manifestent les pétroliers à réparer les dégâts causés par les marées noires dont ils sont responsables. Le pétrole, vu sous cet angle, est donc “caca”, mais cependant tout aussi naturel, que le gaz du même nom, et que le charbon. Simplement, le cliché du bateau qui s’échoue et libère toutes cette matière visqueuse est médiatiquement saisissable, bien plus que les dégazages, et déballastages qui représentent, par an, rien que pour la Méditerranée, 6.000.000 de tonnes de pétrole, l’équivalent d’un naufrage de l’Erika tous les deux jours. Alors, “Caca “?

Pourquoi les appelle-t-on énergies fossiles ?

Ces trois énergies fossiles se nomment fossiles car elles sont le résultat de la décomposition naturelle, pendant des centaines de millions d’années, de matières organiques.

Comment sont-elles faites ?

Ces énergies fossiles, appelées aussi hydrocarbures, ont des éléments communs dans leur composition chimique. Ce sont l’hydrogène et le carbone.

Bousculement des équilibres gazeux :

Ces sources d’énergie, découvertes par l’homme, lui ont permis de les exploiter rapidement et d’en tirer une énergie peu coûteuse et facilement stockable. La combustion des énergies fossiles produit du dioxyde de carbone (CO2 ou gaz carbonique). L’utilisation massive de ces matières a bousculé l’équilibre gazeux de l’atmosphère terrestre en libérant des quantités importantes de ce gaz que l’on nomme gaz à effet de serre, et qui, jusqu’à lors, était resté emprisonné sous Terre pendant quelque deux cents millions d’années.>

Ainsi, lorsqu’on parle de pollution, il serait plus juste d’évoquer une modification des échanges gazeux de la planète, ou encore un rééquilibrage de ces échanges par la libération massive des GES.

Et c’est la 1ère fois que ça arrive en 4.5 milliard d’années ?

Il peut être intéressant de savoir qu’aux différents stade de son histoire, la Terre à subi, ou généré de multiples modifications de la composition de son atmosphère. Ainsi, pendant les premières années de sa formation, la science évoque un mélange de gaz carbonique, d’ammoniaque, de vapeur d’eau…, la période du crétacé aurait connu une atmosphère 5 fois plus chargée en CO2 qu’aujourd’hui…. 

Alors pourquoi s’affole-t-on ?

fontebanquise dans Les questions qu'on se pose

Ce qui provoque l’inquiétude aujourd’hui est que jamais, de mémoire d’homme, l’augmentation de la concentration de CO2 ne s’est réalisée aussi rapidement. Le phénomène de réchauffement créera inévitablement un nouvel équilibre climatique, caractérisé par des modifications de la pluviométrie, l’assèchement de certains territoires, des perturbations climatiques dont les premières traces apparaissent déjà (fonte de la banquise, fonte des glaciers, augmentation du niveau des mers due, aujourd’hui, à la dilatation des océans) etc…

 

 

inondations

L’autre source d’inquiétude étant de savoir si les populations humaines auront le temps de s’adapter aux nouvelles situations que vont générer ces changements.

 

 

 

Qu’est-ce que le Club de Rome, et pourquoi est-il intéressant de le connaître ?

Jeudi 22 janvier 2009

Il y a 40 ans de cela…

 Qu'est-ce que le Club de Rome, et pourquoi est-il intéressant de le connaître ? dans Les questions qu'on se pose peccei

…Mr Aurélio Peccei, administrateur de Fiat et Olivetti,

king dans Les questions qu'on se poseet Mr Alexander King,  ex directeur scientifique de l’OCDE

s’interrogent sur l’avenir du monde. Ils s’entourent de scientifiques, de  professeurs, de chefs d’entreprises, d’humanistes et forment, le 8 avril 1968, à Rome le CLUB de ROME. (Quelle coincidence)
 

Préoccupés par l’évolution de notre espèce et de celle de notre planète, les membres du CDR commandent à un groupe de scientifiques, dont Mr Meadows, un travail qui réaliserait des scénarii proposant différents avenirs de notre civilisation à échéance 2100, en tenant compte de paramètres évolutifs, tels que l’impact du développement économique sur les ressources, l’évolution de la pollution, la démographie, etc. …

Ce rapport, connu aussi sous le nom de rapport “Meadows” remis en 1972 au 1er sommet de la terre à Stockholm est intitulé « Limits of growth » (Les limites de la croissance), repris curieusement en français par le titre engagé « Halte à la croissance » ? (introuvable aujourd’hui sauf en version anglaise dans certaines bibliothèques universitaires)

» imgmeadows1  book101

Ce rapport avance le fait que, quels que soient les scénarios proposés, la continuité d’un développement économique de type actuel (de l’époque) conduira, inexorablement l’humanité à de graves difficultés. Pénuries de ressources, crises sociales graves…

Enterré : Ce document entrave la stratégie des grands décideurs de l’époque qui décident que, globalement, tout cela n’est que du flanc, et que la prise en compte d’un tel avis ne ferait que ralentir une croissance inexorable pour le bien de tous et vivent les papillons jaunes et les lapins bleus….
 

Pourquoi est il intéressant de le connaître ?

Pour la bonne et simple raison qu’il semblerait que la réflexion des scientifiques de l’époque n’était pas si inintéressante que cela, puisque, avant l’échéance prédite, tous les signes tendent vers une réalisation de cette prédiction étudiée, mesurée et annoncée il y a déjà 40 ans.
Il est également intéressant de connaître cet antécédent car un différend semblable paraît être en train de ce jouer entre les décideurs des grandes puissances et l’organisation scientifique chargée d’étudier les effets du réchauffement. Le différend en question ne met en jeu rien de moins que d’importantes hausses de températures sur la planète dans la décennie qui arrive, dont les impacts (décrit dans les rapports du GIEC) seront tels qu’il n’est pas certain, à ce jour, que les systèmes humains trouveront le temps de s’adapter.

Ceci est clairement exprimé par le GIEC, et par son patron, Mr Rajendra Pachaury après la rencontre du G8 en juillet 2008. Les récentes prises de position de ce dernier au Japon ne tiennent absolument pas compte des mises en garde des savants, et leur stratégie de réduction des gaz à effet de serre est à des années lumières de la préconisation scientifique puisque ses dirigeants préconisent une réduction des gaz à effet de serre de moitié à horizon 2050, alors que le GIEC table sur une réduction drastique en moins d’une décennie, dans une fourchette allant de 50 à 85 %.

Prix de l’énergie : le juste prix ?

Lundi 19 janvier 2009

A l’heure où le baril de pétrole augmente dangereusement, où le gouvernement envisage une prime « transport » pour dédommager les citoyens qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler, à l’heure où les prix du gaz et de l’électricité augmentent et que s’annonce une baisse significative du pouvoir d’achat, nous aurions tendance à répondre “toujours trop chère.”

 

 Mais quelle réponse à cette question pourrait apporter le paysan Wolof qui passe 12 heures par jour sur son petit terrain au Sénégal  à essayer de produire quelques pousses de mil pour essayer en vain de concurrencer sur les marchés locaux les produits européens poussés à coup de subventions et de surproduction rendue possible par quelque machine alimentée au fuel à moins d’un € le litre. 

Prix de l'énergie : le juste prix ? dans Les questions qu'on se pose agriculteurafricain

Au vu de ces images, la valeur du travail humain en a pris un sérieux coup. Et il devient alors intéressant de se demander quel pourrait être le coût de l’énergie humaine, si celle-ci devait rendre les petits services quotidiens que nous considérons à présent comme des dus, tels que griller le pain du matin, faire passer le café dans la cafetière, éclairer le salon, regarder la télé, faire fonctionner l’ordinateur, le lecteur CD, la machine à laver, la sorbetière, les volets roulants électriques et le chargeur des 5 portables d’une famille de 3 personnes. 

En clair, si le travail humain devait fournir l’énergie qui permet de faire fonctionner toutes ses petites merveilles de la technologie réputées comme étant des titans de l’économie d’énergie, de combien d’employés de maison devrions nous disposer pour remplacer l’énergie fossile (81 % de la production d’énergie mondiale qui suscite aujourd’hui moult inquiétantes questions dont nous allons devoir nous débarrasser à très court terme, vu le colossal danger qu’elles représentent. Ceux qui n’ont pas fondu sur le radiateur de l’école pendant les cours de maths et de physique, peuvent être à même de résoudre le problème suivant : Quelle est la puissance d’énergie fournie par un terrassier qui lève d’une hauteur d’1 mètre une pelletée de 3 kg de terre toutes les 5 secondes, pendant une journée de travail de 8 heures ? Elle est étonnamment ridicule et correspond à la puissance nécessaire au fonctionnement d’une ampoule de 50 w pendant  une heure. 

Une journée de 8 h = terrasier dans Les questions qu'on se pose = 50 W/h Il est ainsi amusant de rapprocher le magnifique travail du muscle humain du travail énergétique que nous exigeons de nos « indispensables » petits robots. 

Ainsi, l’effort journalier de notre terrassier permettrait de faire fonctionner un fer à repasser de 1kw/h pendant…3 petites minutes (de quoi rendre présentables 2 culottes, un tee shirt et une serviette de table). 

Ainsi, ce même effort permettrait à Madame, sa fille, ou son fils aux cheveux longs, d’utiliser le sèche cheveux pendant 1mn et 30 s

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de regarder la télévision
pendant 7 minutes
(l’essentiel du journal de 20 h)

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d’allumer 2 ampoules de 25w pendant une petite heure (qui soit dit encore en passant est sensiblement équivalente à une grande heure).

Et si l’on cumule le tout pour une consommation quotidienne d’un ménage du français moyen (sans connotation péjorative) de 20 kw/h/jour, il ne faudrait pas moins de quelques centaines d’employés de maison pour nous permettre de goûter à un confort perçu aujourd’hui comme minimum. Au taux horaire du Smic (8.71 € brut), il y a fort à parier que nous ferions l’impasse a minima sur le pain grillé du matin et le journal de 20 h sur TF1 (qui, soit dit en passant encore, nous propose de magnifiques publicités sur Total qui sauvera le monde, et Renault l’écolo, qui repeint les routes en vert et licencie plusieurs milliers d’hommes et de femmes au nom du développement durable et de la stabilité de l’économie de marché). 

terrasier terrasier

Cependant, nous ne sommes pas pour autant obligés de renier les progrès de la technologie, mais peut être de nous poser des questions sur les déséquilibres qu’elle crée, et la dangereuse dépendance qu’elle est en train de générer sur nos fragiles petites habitudes d’enfants gâtés. A l’heure ou la grosse majorité (80 %) des sources d’énergie que nous utilisons sont reconnues comme étant un poison à moyen (et bientôt court) terme, ne serait il pas plus sage de faire preuve de bon sens en commençant, avant de restreindre nos choix de consommation d’appareils ménagers, de modifier rapidement nos gestes de gaspillage (voir agir local, penser global)

de cette énergie qui va valoir, c’est inéluctable, de plus en plus cher..   Et donc, pour achever de débattre sur le prix de notre baril de pétrole à 100 $. 1 baril de pétrole a une contenance de 159 l. L’énergie dégagée par la combustion de ce baril s’élève à 1.586 Kw/h.   L’équivalent travail humain de cette puissance de 1.586 kw/h représenterait le travail de : (attention, on s’accroche au fauteuil), 3.965 petits terrassiers (comme ceux qui continuent à creuser juste au dessus) pendant 8 heures de travail. 

Allons trouver 3.965 volontaires pour se partager une salaire de 0.025 € (100 $ / 3.965) pour une journée de travail.  Le travail humain serait-il déprécié ? 

terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier   

terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier terrasier   

Serait-ce l’énergie qui est chère ou plutôt notre dépendance et notre incapacité grandissante à nous en séparer ?  Anecdote : Nous discutions récemment avec un copain de ce sujet d’actualité brûlante (sans jeu de mot). Et lorsque j’évoquais la possibilité pour les enfants d’aller à l’école en vélo, il me répondait que c’était impensable (l’école est à 4 km). Sans porter aucun jugement sur la personne, je me posais la question de savoir ce que nous étions devenus pour oublier que nous avions déja fait cela auparavant, et que cette épreuve n’avait rien de surhumain. J’étais interloqué d’apprendre que c’était tout simplement devenu “impossible” à ses yeux. 

Qu’est-ce que l’empreinte écologique ?

Samedi 17 janvier 2009

Qu'est-ce que l'empreinte écologique ? dans Les questions qu'on se pose rubon6       empreinteecologique dans Les questions qu'on se pose

Définition :

C’est la mesure de la pression que l’homme exerce sur l’environnement pour couvrir ses besoins et évacuer ses déchets. En clair, elle determine de quelle surface chaque homme a besoin pour, à minima, se nourrir, se vétir, se loger et se soigner.
Elle se mesure en hectares par habitant, ou en nombre de planète « Terre » par pays ou continents. 

L’origine de ce concept nous vient du canada. Dans la dynamique du sommet de Rio, en 1992, William Rees, professeur d’économie, spécialiste de l’environnement, écrit un article qui définit grossièrement le concept de l’empreinte écologique. Avec l’aide de Mathias Wackernagel, en 1995, il affine le concept et crée l’outil qui permet à chacun de déterminer son impact sur l’environnement. Cet outil, qui n’a pas la prétention de dresser une liste exhaustive de tous les paramètres qui influent sur l’environnement, est pourtant vulgarisé par le WWF. Son mérite est de faire prendre conscience au grand public du fait que la terre est un espace fini, dans lequel les ressources, matières premières, sources d’énergies sont des éléments également finis, et donc pas inépuisables.

wwfbig 

Ce concept permet de mettre à jour les différences d’utilisation des ressources suivant les populations, et avance le fait que l’espèce humaine est en train d’utiliser son passif écologique, ouvrant la voie à de multiples questions sur la répartition des richesses, les menaces que représentent les excès de consommation de ressources et d’énergies…

Empreinte écologique disponible :   1.8 Ha / habitant
Empreinte écologique utilisée :      2.3  Ha / habitant

Ce “passif écologique” de -0,5 ha/hab peut être expliqué par un prélèvement sur les reserves en cours de renouvellement. Ainsi, la pèche génère une source d’alimentation pour les populations humaines et fait partie de cette empreinte. Aujourd’hui, certains quotas de pèches doivent être restreints pour laisser aux populations de poissons le temps de se reproduire (Flétan, thon rouge,  etc…). Or, nous puisons à l’excès à l’intérieur de ses stocks, générant un passif qui peut conduire à la disparition de ces ressources. On peut également évoquer la déforestation massive, ou l’agriculture intensive, provoquant l’appauvrissement des terres et conduisant à la stérilité de celle-ci, réduisant la surface de terres arables.  A titre de comparaison, l’exemple d’empreinte écologique suivant est édifiant :
    > D’un habitant d’Europe : 5 ha/hab
    >
D’un américain (U.S.A) : 9 ha/hab
    >
D’un indien : 0.8 ha/hab
    >
D’un Kenyen : 0.8 ha/hab

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empreintecologique

L’unité de mesure peut être également le nombre de planète par continent, ou pays : 
Ainsi, cette projection enseigne que si chaque habitant de la terre adoptait le mode de vie d’un américain (U.S.A), il faudrait utiliser les ressources de 5 planètes « Terre ».
Il met ainsi en évidence les risques que court l’humanité si, par exemple, la chine, l’inde, le brésil (40 % de la population mondiale) poursuivent leur expansion économique selon l’exemple des civilisations occidentales. 

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Depuis peu, le Global Footprint Network a mis en place un nouvel outil qui considère l’épuisement des ressources non plus par rapport à un espace, mais par rapport au temps. Ainsi, il nous apprend que les ressources nécessaires pour une année de fonctionnement ont été épuisées cette année le 23 septembre.
Ce qui s’ignifierait que nous allons prélever sur des réserves de ressources pendant 2 mois, faisant ainsi obstacle au renouvellement de ses ressources.

Croissance ou décroissance ? (2ème essai)

Mardi 6 janvier 2009

 

Le grand débat pour la survie de l’humanité tourne aujourd’hui autour de cette question essentielle : Croissance ou décroissance ?

La question n’est pas obligatoire, ou en tout cas, on peut la poser différement, car quoi de plus angoissant que d’imaginer revivre au moyen age, même si la finalité de la décroissance, telle qu’elle est imaginée par ses défenseurs, n’a rien à voir avec un retour en arrière, mais plutôt une nouvelle évolution, fondée sur des valeurs différentes de celles de l’excellence, de l’abondance, et la compétitivité.

Croissance ou décroissance ? (2ème essai) dans Les questions qu'on se pose croissanceeb6 

La croissance :

Telle qu’elle est définie par nos dirigeants, basée sur les théories de l’économie libérale, elle semble nous inviter à toujours consommer davantage, afin de faire marcher la machine “production”, génératrice d’emplois, et donc de nouveaux consommateurs, dont le pouvoir d’achat augmentant, permettrait d’augmenter la consommation, et donc la production et…
Pour se faire, la machine économique ne manque pas d’outils pour vendre du rève, de l’indispensable, et une multitude de petits objets dont, à la longue, on ne peut plus se passer tellement ils nous apportent une illusion de confort croissant (confort matériel j’entend bien). Ces outils se nomment marketing, publicité… et sont véhiculées par tout un tas de canaux grace à une technologie que certains prétendent extraordinaire. SMS, internet, messagerie, téléphone, télévision, presse, écrans plasma dans les salles d’attente, placard sur les bus, les barrieres de stade, courrier papier (et j’en oublie).
Ainsi, nous sommes constamment sollicités pour nous garnir de cette multitude d’objets, de services qui sont censés faire notre bonheur, à tel point que ne pas posséder cette ribambelle d’objets “magnifiques” et de services géniaux vous fait passer pour un marginal, un looser ou un blaireau (rien de bien flatteur en somme). Il suffit pour s’en convaincre de prendre n’importe quelle ligne de bus, de se mettre à proximité des gamins sortant ou allant à l’école, et d’observer leur comportements et discussions autour de l’excellence du dernier Ipod qui contient 1.000 chansons ou du portable à la mode qui propose Internet, appareil photo, envoyeur de SMS, faiseur de toutes les sonneries que vous pouvez télécharger du monde entier en quelques secondes et accessoirement téléphone.
Le bonheur est dans l’accumulation des biens matériels, c’est bien connu (Il est interessant de jeter un oeil sur les statistiques de l’OMS qui nous enseigne que les taux de suicide les plus élevés sont notés sur les pays les plus industrialisés).
Nous entamons aujourd’hui une période extraordinaire sur le plan de l’accès au savoir et à la connaissance.
Nul ne peut à présent ignorer que notre ère va connaitre de fortes pénuries de ressources, de matières premières et de sources d’énergies.
Nul ne peut davantage ignorer que l’image de croissance des pays occidentaux est un modèle de développement pour tous les autres pays dont les habitants “pédalent dans la choucroute” depuis quelques décennies, et en ont, à très juste titre, raz le bol, surtout quand on commence juste à leur mettre sous le nez le gateau tant convoité.

Nul ne peut encore moins ignorer que certains de ces ex pays du tiers monde sont en train de remonter la pente à vitesse grand “V”, en prélevant à la même vitesse grand “V” les ressources et matières premieres qui commencent à faire défaut.
Ainsi, mathématiquement, à moyen (voire court) terme, ca va poser un problème.

” – Lequel ?
- y en aura pas assez pour tout le monde
- Alors que faire ?
- Changer de mode de vie et consommer moins
- La décroissance ? “

Il est clair que la formule présente quelque chose d’inquiétant, surtout quand on le propose à des gens dont le niveau de vie est proche de la précarité. Comment annoncer à ses familles que le temps des veaux gras, qu’elles n’ont d’ailleurs jamais connu, est terminé, et qu’il va falloir à présent se passer de tout ce qui faisaient leurs rèves en passant par les écrans plasma, les doubles paraboles, les marques Nike, Adidas, qui font d’eux d’illusoires champions de banlieu.
Comment leur proposer de manger bio quand le prix de celui ci est indécent et ne fait pas le poids devant les tomates d’Alméria qui ont parcouru des milliers de km et qui n’ont aucun goût, mais qui restent accessibles à leurs portefeuilles.
Comment expliquer dans un autre registre au patron de société que le 4×4 “Yagatsun” n’est pas indispensable pour avoir l’air d’un patron qui a réussi, mais que la Twingo pour aller au boulot fonctionne aussi bien. Comment expliquer ça à ses copains de golf qui débarquent tous en Audi TT ou BM série 7.

decroissance dans Les questions qu'on se pose 

La décroissance : 

sergelatoucheb7ae5Qu’on pourrait par exemple appeller néo-développement ou développement durable, ou encore mieux, l’accroissance, ainsi que l’a définit Serge Latouche pour évoquer une sorte d’athéisme, de refus de la religion de la surconsommation, pourrait se présenter d’une manière moins sinistre. Encore faudrait t’il éviter les spots de vendeurs d’énergie qui montrent nos intèrieurs coquets, et nous flottant dans l’espace d’un confort douillet, les vendeurs d’automobiles qui tentent de nous faire croire que leurs voitures sont vertueuses, bien que grosses, roulant à l’essence, et 9 fois sur 10 sous exploitées. (1 conducteur dans une 5 places, coffre vide)

Ce rève est terminé, et nous avons tout intérêt à accompagner cette fin pour nous orienter vers beaucoup plus de bon sens.
L’équation est pourtant simple. Nous allons manquer d’énergie ou nous allons devoir nous en passer, nous allons manquer de ressources, c’est un fait.
La question à poser c’est :
Quel monde construire avec ces constats ? Faut il encore faire du jettable ? Et si non, comment s’y prendre ?
Est-ce humiliant de retourner aux bonnes vieilles consignes de bouteilles. Qu’y a t’il de rétrograde à emmener son sac à pain chez le boulanger pour éviter des gaspillages de papier. Quelle honte peut-on avoir à réduire le bouton de chauffage et à mettre un pull qu’aurait tricoté la grand mère, la mère, la fille et pourquoi pas le fils tiens, comme ça.

Anecdote : Le salon de thé béglais Le poulailler a anticipé l’interdiction des chauffages a gaz de terrasses. Françoise, l’inénarrable patrone de ce haut lieu de vie citoyenne à lancé l’idée d’un atelier tricot pour confectionner des pulls pour les clients qui souhaitaient prendre leur café dehors, malgré le froid. Cette initiative n’est t’elle pas intéressante ?

Et dire que certains, hostiles à la “décroissance” prennent l’avion pour aller se perdre pendant 15 jours dans les trous du cul du monde en Amazonie ou en Sibérie pour revenir à “l’essentiel”, avant de revenir en province et prendre leur bagnole pour aller chercher le pain qui est à 500 mêtres de la maison.

Et si la richesse était ailleurs que dans le poids des diamants, la grandeur de la piscine, la possession d’un home vidéo, le nombre de fonctions du portable. Et si elle se trouvait dans le bonheur de cultiver ses tomates et aubergines dans son jardin, dans celui de fabriquer soi même pour Noël, pour des anniversaires, des cadeaux pour sa famille, de prendre une petite heure pour aller au marché à pied chercher ce dont on a besoin pour la semaine, de faire partager l’âme d’un bouquin à ses proches au lieu de se pamer béatement devant le petit écran (qui l’est de moins en moins d’ailleurs) offrant en pature à la plèbe quelques ados chanteurs en quete de succés, de paillettes et de notoriétés ephémères et illusoires.

Consommer plus réclame plus de besoin, plus d’argent, plus de pouvoir d’achat, plus de travail (et donc curieusement beaucoup moins de temps pour regarder les 350 chaines de canal Sat, écouter les 1.000 tubes telechargeables sur portable, et comprendre les 250 fonctions du lecteur CD, du lecteur DVD, et de la machine à pain, nouveau venu sur le marché des petits objets aujourd’hui incontournable, demain indispensable) “Arbeit macht frei” ca vous rappelle rien ? La bonne vieille thématique de notre Nicolas national ne nous oriente t’elle pas vers un culte du plus de travail, plus d’argent, plus de biens, plus de propriété, plus de “reconnaissance sociale”.

Me permettrais je une remarque ?
Et si on consomme moins, on a moins besoin d’argent …

La course à la propriété, à l’oppulence de biens est terminée, elle n’est pas tenable. Vive la course à la mesure, à l’harmonie, à l’équilibre, au bon sens, à la spiritualité, à la culture, au bien être.

Sortie de secours

Vendredi 2 janvier 2009

 Sortie de secours dans A bouquiner sortiesecours

Avant cet essai, le passage d’Yves Paccalet se fit par l’extraordinairement accablant : “L’humanité disparaîtra, bon débarras“, ce livre qui rassemble l’évocation d’un profond désespoir, la démonstration et l’expression d’un immense dégout de l’espèce humaine.

Cet “horrible” bouquin qui allait à l’encontre de l’homme démiurge, qui faisait voler en éclat l’idée d’un Dieu sur 2 pieds, portable à l’oreille et raie sur le côté, cet “ignoble” livre qui nous suggérait de “dévorer” nos bébés, nous dessinant tous comme des “nazis” en sommeil, et nous permettant d’aller nous coucher après nous être tous “petit suicidés” au gaz, aux barbituriques ou à une overdose du pub “Total” ou “Renault”, (mes boucs emissaires du moment) était un préambule à ce livre que je vous recommande, bande de curieux que vous êtes.

Les chemins de “sortie de secours” ne s’empruntent qu’après avoir visité les bas fonds du livre précédent. Après avoir fait le nettoyage à sec qui nous laissait moribonds, déséspérés, pré-morts, pré-enterrés, pré-digérés par de sages asticots salutaires. Et une fois ce vide, ce nettoyage, ce décapage, ce poncage effectués, alors seulement, Mr Paccalet nous laisse une once (j’insiste bien sur ce terme étroit), une infinitésimale possibilité d’ébauche de poussière de solution pour sauver ce qui peut l’être de notre espèce, par la construction de ce livre dont le titre indique bien le contenu. Mais ne nous y trompons pas. Sortie de secours est au singulier. Il n’y a pas 36 solutions. Il n’y en a qu’une.

Celle préconisée appelle à quelques notions incontournables pour “éviter” le pire. Ells ont pour nom : partage, solidarité, frugalité, austérité. C’est à ce prix, selon Mr Paccalet (et de plus en plus selon moi au fil des lectures)  que l’homme vivra… peut être.

Bonne lecture, bon courage, c’est du tout bon !!!