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Archive pour décembre 2008

Et si on parlait des crevettes ?

Vendredi 26 décembre 2008

 

La question n’est pas plus innocente que l’élevage de crevette

Et si on parlait des crevettes ? dans Les questions qu'on se pose crevettepalaemonserratus

Outre le fait que celui ci fait aujourd’hui le bonheur des anciens pauvres cultivateurs de riz au Vietnam par exemple, (qui présente de nets avantages économiques, et demeure beaucoup moins fatigant et contraignant que la culture du riz), il est à l’origine d’un grave problème planétaire.
Aussi innocent qu’il puisse paraître, tout rose et bien rangé dans sa petite barquette en polystyrène dans les étals des Hypermarchés de nos cités, ce petit animal rose et bien tendre qui alimentait nos repas Noëlistiques, et qui alimente aujourd’hui mensuellement ou “quinzainièrement” toutes les assiettes de la classe moyenne qui vont faire leurs courses au supermarché du coin, constituent un marché (100.000 tonnes/an  pour la France et le Royaume Uni) dont les mécanismes occultent quelque peu le bon sens qu’appellent les notions de base du développement durable.

Et pourquoi ? me diront les sceptiques ou les “crevettophiles”

mangrovesinpuertorico dans Les questions qu'on se pose 

Pour les raisons suivantes m’empresse-je de répondre.

La culture de crevette implique la mise en place de bassins d’eau salée.
Et ou trouve t’on de l’eau salée ?
En principe, près des mers et océans.

Et de quoi sont faites certaines zones côtières des mers et des océans ?
De 15 millions d’hectares de mangroves réparties dans le monde.

Quel rapport avec la crevette ?
La destruction de 20 % des mangroves en un quart de siècle pour construire des fermes d’élevage de crevettes à destination de l’Europe, des Etats unis et du japon qui consomment plus de 85 % du marché mondial. 

Oui, et alors ?

Et alors, les mangroves possèdent des propriétés particulièrement intéressantes pour la préservation, la résilience (renouvellement) de notre environnement, pour la captation du CO², sombre héros actuel de notre actualité, et également pour la reproduction de plus de la moitié des espèces marines (Car cet endroit constitue pour ces nombreuses espèces un lieu de protection propice à leur développement avant de retourner en mer.)
En plus clair, les mangroves sont extrêmement précieuses pour la préservation des écosystèmes et le maintien de la biodiversité , pour le renouvellement de nos stocks de nourriture marine et nous sommes en train de les dégommer à vitesse grand “V” pour pouvoir agrémenter nos pamplemousses à l’avocat mayonnaise d’une petite consistance mi craquante, mi-fibreuse, pour le bonheur innocent de notre palais tout rose lui aussi. 

Alors, crevette au menu ?

Pour aller plus loin : Article Wikipédia

Lettre d’Evo Morales

Dimanche 21 décembre 2008

Un des multiples exemples parfaitement illustré par Mr Morales, président de la Bolivie depuis 2006, des inéquités pratiquées par l’union européenne au dépend des peuples du Sud.

Lettre ouverte d’Evo Morales,à propos de la “directive retour” de l’Union Européenne :

Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’Europe fut un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et leurs efforts d’intégration.

Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants va à l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter. Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.

Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les européens ne nous donnent pas –en effet, peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière marginale puisque nous perdons également des contingents de main d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Lamentablement, le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains. La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou « éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :

« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent. Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui, pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre l’emprisonnement arbitraire ?

Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un « Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la protection juridique, nous subissons des pressions à propos des processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs (1er mai – NDT). Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?

Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour, justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.

Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la pollution, la disparition lente mais certaine des ressources énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des députés européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.

Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.

Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité envers tous les « clandestins ».

Evo Morales Ayma
Président de la République de Bolivie

Traduction : Perrine Escoriguel


Cette lettre du président Evo Morales est traduite dans de nombreuses langues par les traducteurs de Tlaxcala. Prière de la diffuser.

Croissance ou décroissance ? (1er essai)

Samedi 20 décembre 2008

 

Croissance du latin “Crescere” qui signifie “naître”

Quel magnifique mot pour évoquer un développement positif, une amélioration du niveau de vie, une élévation en somme, un passage de l’état primitif à celui d’être évolué “civilisé”.

Malheureusement qui parle croissance parle production, consommation, hausse du pouvoir d’achat.

Croissance ou décroissance ? (1er essai) dans Les questions qu'on se pose arton20952

Comme si la grandeur d’une civilisation se mesurait à la quantité de biens qu’elle produit, à la quantité de nourriture qu’elle peut ingurgiter, grâce à l’évaluation exprimée par un indice qu’on pourrait nommer Produit Intérieur Brut (qui soit dit en passant inclue dans ses courbes magiques les constructions de prisons, les juteuses production d’armes et d’énergies fossiles qui sont en train de nous empoisonner “gentiment” et à coup sur, la vente de médicaments nécessaires au traitements contre les cancers par exemple, provoqués par la non moins juteuse production de tabac, entre autre). Quelle drôle d’idée rétrograde et dépassée et pourtant tellement ancrée dans la grande majorité des populations terrestres jusqu’au fin fond des steppes mongoles. En clair, l’objectif final de notre humanité serait atteint lorsque tous les habitants de la terre seraient multimillionnaires, possédant villas secondaires à Miami, Nassau, Antibes, Venise, Cadaquès, possédant voitures, piscines, grilles pains, machines à laver, à sécher, volets roulants, portails électriques, frigos, congélateurs, écrans plasma, ordinateurs, téléphones portables, “l’indispensable en somme”.

croissance dans Les questions qu'on se pose

 

Malheureusement, notre Terre ne le permet pas. Les travaux concernant le concept de l’empreinte écologique de William Rees et Mathias Wackernagel nous le démontrent.
Schématiquement, ces scientifiques canadiens nous enseignent que si aujourd’hui, la terre fournit assez de farine pour faire un gateau dont la moitié est consommée par 20 habitants sur 100, et l’autre moitié consommée par les 80 pour cents restants, il n’est pas possible de faire, comme par magie, suffisamment de farine pour que tout le monde puisse manger la même quantité que les 20 % de nantis, a fortiori si la population humaine augmente et que la quantité de farine reste la même. Jean Ziegler indique pourtant, dans
l’empire de la honte que l’humanité produit une quantité de nourriture décente pour 12 milliards d’êtres humains, alors que 920 millions souffrent de malnutrition chronique, rien de moins que l’équivalent de 3 fois la population des états unis d’Amérique.

L’évidence qui découle de ce constat, imparable, invite les 20 % à manger et consommer moins pour que tout le monde mange à sa faim et vive décemment (Aujourd’hui, les habitantes des bidonvilles de Port au Prince, à Haïti, nourrissent leurs enfants de galettes de boues accomodées d’un peu de farine et de sel). Difficile à “digérer”, surtout pour ceux qui ont l’estomac plein depuis toujours, et la maison encombrée de tout partout. Alors on préfère imaginer que la “croissance” va tout régler, et qu’ainsi, on n’aura besoin de rien changer.

Ca ne peut pas marcher, autant qu’il est impossible, de quel côté que soit tourné le problème, de mettre deux litres de liquide dans un récipient dont la contenance est d’un litre.

Ca n’est pas possible parce que les ressources essentielles (eau, bois, terres cultivables) et les quantités disponibles de matières premières diminuent à vue d’oeil, (Lire le Plan B de Lester Brown) diminuent comme peau de chagrin, et surtout parce que celles qui nous font vivre (les énergies fossiles) nous empoisonnent dans le même temps.

Il nous faudra donc partager pour que tout le monde vive (Pierre Rabhi explique cela très bien dans ce spot, Yves Paccalet également dans Sortie de secours, ou être individualistes jusqu’au bout en espérant une solution impossible de “croissance infinie”, le temps à notre conscience de nous habituer à l’horreur et la barbarie qui ne manqueront pas de suivre.

La précarité dans laquelle est plongée plus de la moitié de la famille humaine appuient les prédictions des humanistes écologistes et scientifiques éclairés . (Brown, Diamond, Monod, Reeves, Paccalet, Jacquard, Picq…)
Nul ne peut plus ignorer à présent que l’économie “légale”, celle qui se pratique, conforme aux ”normes internationales” ne nourrit finalement que ceux qui établissent et jouissent de ces normes, c’est à dire à peu près  20 % de la population mondiale, et notamment moi qui suis en train d’écrire, et probablement vous qui êtes en train de lire.

Les théories économiques fondées sur le communisme se sont effondrées, celles qui ont fait le ciment du libéralisme n’ont plus cours (sans jeu de mot), il paraît être temps pour l’humanité de choisir d’autre voix que celles de la surconsommation, de la surproduction, d’autres valeurs que celles de l’excellence, de la compétition acharnée, du combat sans pitié. Jean Marie Pelt nous enseigne dans “La Solidarité chez les plantes, les animaux, les humainsque si la loi du plus fort, la loi de la jungle est une vérité naturelle, il en est une autre qui se nomme “Solidarité” et dont les bases permettent la vie en symbiose.

Notre soi disant intelligence, et notre capacité à nous servir de notre histoire comme leçon, nos moyens techniques et nos connaissances devraient pouvoir nous permettre d’organiser un monde basé sur cette solidarité.

Il est peut être encore temps de nous orienter vers des modes de vie moins gourmands, vers des choix qui succitent davantage notre esprit de créativité, notre ingéniosité, notre éveil, notre connaissance, que notre avidité à cumuler sans cesse des biens qui terminent leur vie ephèmère dans des décharges, des centres de recyclage ou des greniers débordants. D’ou vient ce besoin de posséder “l’objet à la mode”, celui qui est tendance ou qui porte la marque “Grand M”, celui qui a de la valeur parce l’entreprise qui le produit à su trouver la couleur qui plait, qui est “jolie”, qui “est tendance” et parce que cette société sait parfaitement que la plupart de ces clients pensent de cet objet qu’il est important parce qu’il leur confére une identité, une position sociale de “valeur”, presque une raison d’exister.

Total sauvera-t-il le monde ?

Lundi 15 décembre 2008

Total sauvera-t-il le monde ? dans Les questions qu'on se pose total     rubon6 dans Les questions qu'on se pose

Dans ma quête vers la “vérité”, je suis souvent confronté au “on dit” ou au “j’ai entendu” qui, parfois, fait office de “vérité” publique sans que personne n’ait besoin d’aller vérifier plus en avant. Il est important pour moi, et pour la qualité de l’information que je souhaite donner, d’aller au-delà d’une information de surface, d’une vérité du “on dit”. Ainsi, les affirmations concernant le méchant Total qui pollue les plages et tue les oiseaux, installe ses oléoducs au mépris des populations locales tout en réalisant des profits astronomiques etc …ne me suffisaient pas.

Or, l’occasion se présentait d’aller plus en avant dans la connaissance “Total”. Ainsi, lorsqu’une amie m’envoyait une invitation à “l”université Total” pour le 2 octobre 2008, je sautais dans ma Mégane, passait faire le plein chez … BP, et me précipitais au palais Beaumont à Pau en quête de plus de “savoir”.

“L’université Total offrait la prestation et les discours de :
Hervé Le Treut, membre de l’académie des sciences, directeur du laboratoire de météoroligie dynamique, et, surtout, participant aux travaux du GIEC.
Jean Michel Gire, directeur du développement Durable de chez Total
Martine Lignères Cassou, Maire de Pau
Rose Marie Schmidt, vice président du conseil régional d’aquitaine
et différents intervenants de Total, d’APESA, de l’ADEME, du CSTB, SIFICAR, Turboméca, Avenia … participants à des tables rondes.

La conférence débutait avec Mr Le Treut qui nous faisait une synthèse des travaux du GIEC, et offrait un bilan peu engageant de la situation climatique actuelle. La pause allait m’offrir l’occasion d’aller le questionner en tête à tête sur le thème de l’écart collossal que l’on pouvait constater entre la suggestion de réduction des émissions de GES proposée par le G8 et celle du GIEC. Cette furtive intimité lui permettait de me confier que notre civilisation était sur la bonne voix en terme de prise de conscience, mais que le réchauffement entrainerait inévitablement des mutations difficiles à vivre pour l’humanité, et cela à court terme.

L’intervention de Me Lignère Cassou, membre de l’assemblé nationale, nous renseignait sur les différentes actions réalisées dans le cadre de l’agenda 21, et sur le projet de séquestration de CO2 dans la région de Lacq, en collaboration avec Total.
Mon intéret se porta sur une question de synthèse de la journaliste qui animait le tour de table.

” – Alors finalement, vous êtes plutôt optimiste sur l’avenir.

Me Lignère Cassou n’a pas répondu de suite. Après un temps de reflexion, elle a entammé quelque chose comme :

- Je pense sincèrement que nous sommes à la croisée des chemins.

Elle marqua une seconde pause

- L’un peut nous conduire au chaos et à la barbarie. L’autre peut nous emmener sur des chemins de reconstruction, nous guider vers une société plus équitable, plus juste, dans laquelle l’humanité pourra vivre en harmonie. Etant de nature optimiste, je pencherai vers la deuxième option.”

La messe était dite, et me permettait de prendre la mesure, de confirmer mes inquiétudes concernant la situation actuelle de notre espèce et de sa “maison”.

L’après midi permettait de glorifier la toute puissance de notre magnifique espèce, par les brillants exposés de techniciens qui nous offraient des projets de véhicules électriques dont la vitesse de pointe aurait fait palir n’importe lequel de nos véhicules à essence, de nouvelles matières de caoutchouc qui allaient permettre de réduire la consommation de nos véhicules de 0.0000000001 % (J’exagère à peine), tout en continuant à produire des quantités astronomiques de notre carburant poison (L’un affirmant que la production d’énergies fossiles représenterait encore 70 % en 2030, et que de toutes façons, ca serait comme ça, et puis point barre).

Un intervenant, dont je m’efforce d’oublier le nom tellement son intervention fut indécente, me confirmait que certains font de leur vie une oeuvre de solidarité, et d’autres ne peuvent même pas imaginer que l’on puisse faire passer la vie avant la technologie.

Ainsi, à la question de la journaliste :

” – Lorsque vous évoquez les agrocarburants, on ne peut oublier les débats suscités par cette forme d’énergie, à savoir le problème de réduction des terres arables et celui, non moins inquiétant du déséquilibre des marchés de l’alimentaire, étant directement à l’origine des émeutes de la faim. Que pensez vous de cela ?
L’homme interpellé se débarrassa de la question de façon radicale en ces quelques mots :
- Oui, bon, c’est vrai, c’est triste, mais les agro carburants, il en faut, alors on en fera.”
Terminé, on ferme !!!


Je ne peux m’empecher de rappeller au passage que l’animal qui répondit cette phrase acide est comme nous tous un représentant de l’espèce “homo sapiens sapiens”, traduit littéralement par “homme sage sage”. Il me vient à l’idée de me poser des questions sur le sens du mot “sagesse”.

L’image que j’en retirais était malheureusement en tout point conforme à celle véhiculée par les spots publicitaires de la multinationale, par les ennemis intimes de ce genre de groupe. Ainsi, bien que constitué de nombreux hommes, et donc d’une potentielle richesse, ce groupe pétrolier affichait pourtant à mes yeux rien d’autre que de l’arrogance, du mépris, des louanges à la gloire de la technologie et de l’évolution “à n’importe quel prix”.
Développement durable à la “Total”, avec, en moins, les piliers du “social” et de “l’environnemental”. Voyez ce qu’il reste !

Un point de vue de la journée 

Qu’est-ce que l’effet de serre, les gaz à effet de serre ?

Mardi 9 décembre 2008

Qu'est-ce que l'effet de serre, les gaz à effet de serre ? dans Les questions qu'on se pose terreatmosphere

On pourrait avoir tendance à considérer  l’effet de serre comme un truc  particulièrement “méchant” catalogué comme “l’ennemi” à abattre. Que nenni ! Il suffit de rentrer par exemple dans une magnifique Clio, noire de préférence, garée sur le parking de la plage Sud de Biscarosse depuis deux heures en plein soleil un 15 août par une température extérieure de 30° pour comprendre instantanément ce qu’est l’effet de serre. C’est le phénomène qui retient la chaleur. 

C’est ce phénomène qui capte la chaleur des rayons du soleil et qui en redistribue une partie dans l’atmosphère terrestre, l’autre partie dans l’espace, pour maintenir, jusqu’à aujourd’hui en tout cas, une température moyenne de 15°, permettant à la vie de se développer. Sans ce phénomène, la température ne s’élèverait pas au dessus de -18° Celsius. La vie y serait quelque peu compliquée.

effetdeserre1 dans Les questions qu'on se pose

Donc, effet de serre : Glop, glop * Cet effet de serre est possible grâce à l’existence de gaz naturellement présents dans l’atmosphère qui sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone (gaz carbonique fait d’oxygène et de carbone) le méthane (fait de carbone et d’hydrogène) et quelques autres sympathiques molécules gazeuses appelées « GES » (Gaz à effet de serre)”* C’est bon (cf Pifou Poche 1967…)

 

Mais alors, quel est le problème ?

Il est en fait dans la modification des équilibres gazeux de l’atmosphère terrestre.
L’homme, de par son activité, est responsable en grande partie de la création de ce nouvel équilibre, car il s’agit bien de cela.
De par l’utilisation des énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) à l’état liquide, solide et gazeux essentiellement composées d’hydrogène et de carbone (Hydrocarbures), l’homme a libéré en deux siècles ces composants qui ont mis plusieurs dizaines de millions d’années à se constituer.
 

Le dioxyde de carbone, le méthane, et quelques autres, issus de la combustion des énergies fossiles pour libérer l’énergie qui sert à nous déplacer, effectuer des travaux physiques à notre place et moult autres choses, se sont répartis dans l’atmosphère et sont venus s’ajouter à ceux existant déjà naturellement, augmentant ainsi l’effet de serre, et augmentant, de fait, la température de notre planète. Il s’avère qu’aujourd’hui, il serait intéressant, voire vital, de cesser d’utiliser ces dangereuses sources d’énergie qui influent sur la température, et donc sur le climat. Pour en savoir plus :

Quels sont les GES ?

Quelle est leur répartition ? 

L’humanité disparaîtra, bon débarras !

Mardi 9 décembre 2008

L'humanité disparaîtra, bon débarras ! dans A bouquiner humanitedisparaitrabondebarrasyvespaccalet20079719mpaccalet dans A bouquiner 

A ceux qui voient en l’homme l’espèce élue des Dieux, la magnificence, l’excellence de ce magnifique bipède qui est capable d’envoyer un vaisseau sur la lune en appuyant sur un petit bouton grand comme une pastille de menthol, pendant que ses frères, de plus en plus, partout, se nourrissent de résidus de rats crevés ; à ceux qui s’imaginent que la voiture électrique, les panneaux solaires et la géothermie leur permettra de vivre dans un confort toujours croissant ; à ceux qui sont certains, parce qu’ils l’ont lu dans “le monde diplomatique” que les réserves de pétrole sont inépuisables, et que c’est une bonne chose ; à tous les amateurs de technologie de pointe qui sauve l’homme, préserve la biodiversité et accessoirement la femme et l’enfant…

A tous les crédules, désinformés, optimistes béats d’admiration devant la future PS15 ou je ne sais plus quel N°, surtout…,

… NE LISEZ PAS CE BOUQUIN, VOUS RISQUERIEZ DE RENTRER DANS UN TRES MAUVAIS REVE ET DE NE PAS SAVOIR COMMENT EN SORTIR.

En réalité, Yves Paccalet a cru en l’homme, il a visiblement bataillé sur tous les fronts pour faire comprendre à ses interlocuteurs qu’un autre monde était possible en changeant nos façons de vivre et de voir les choses. “Seule une frugalité drastique pourrait encore nous sauver”. Le compagnon de bord du commandant Cousteau nous fait un portrait de l’homme, de son évolution et surtout de son avenir d’une noirceur dont on ne peut voir les profondeurs qu’aux fin-fonds de l’univers.

Je reconnais qu’aprés la lecture de ce bouquin, je suis sceptique. A quoi peut me servir d’avoir mis, non pas les pieds, mais tout le corps, tête recouverte, dans une telle merde. Que vais je tirer de cette histoire, y a t’il encore quelque chose à tirer ? “Carrefour, je positive”, le slogan est dépassé. Qui prier à présent ? J’ai l’impression de monter dans une cariole, les mains attachées dans le dos, qui me conduit à la guillotine. J’ai pas envie…

Il va falloir un sursaut extraordinaire à l’humanité pour se tirer de ce très, très mauvais pas.

Il va nous falloir être économe, austères, simples, modestes, solidaires, tolérants, compréhensif, courageux. Il nous faudra tout cela, très vite, à minima, ou disparaitre.