Histoire de la femme qui a 300 enfants

 

Si l’on se limite aux constats qui sont rédigés sur ce Blog, on a pas forcément envie de sauter au plafond en criant Yahouuuuuuuuu !!! balancer des confettis partout et jurer tous ces grands dieux que la vie est belle, qu’on est heureux et “que vivent les lapins bleus”.

Il existe cependant des hommes et des femmes qui vont au-delà d’une plombante morosité, d’une anesthésique gravité, et qui considèrent que quel que soit le danger ou la difficulté, il faut agir. Cette page est réservé au récit d’une femme dont la volonté a fait et fait encore voler en éclat ces lourdes barrières qui nous parviennent comme la fatalité.

Mon épouse et moi,  avons rencontré une suissesse à Ho Chi Minh en 2006,

 

Tim, voici son histoire :

Tim à 20 ans lorsqu’elle part en voyage. Son périple la mène au Vietnam en 1993. Là, elle “trouve” sur le trottoir un gamin gravement malade. Elle le conduit à un hôpital de Saïgon pour le faire soigner. Mais le Vietnam n’est pas la Suisse. On lui exprime clairement que l’enfant peut être soigné, mais qu’il faut payer. Tim ne se pose pas longtemps de question et paye, mais reste choquée par cette situation invraisemblable, et pourtant tellement commune ici. Elle décide alors de rester, et d’hôpitaux en hôpitaux, de rues en rues, de gamins en gamins, elle découvre une misère qu’elle ne supporte pas, et contre laquelle elle décide de lutter.

Elle installe une petite cabane de quelques m², et commence à faire l’école à des gamins qu’elle trouve par ci par là, errants dans la rue, cherchant à survivre. Satisfaite de constater le bonheur que cela procure aux gamins, et à elle même, elle se débrouille à faire construire une maison sur un terrain, le tout ne lui appartenant pas. (Ceci représente un exploit dans un tel pays ou l’administration est “très” présente et puissante).

La première cabane :

Histoire de la femme qui a 300 enfants dans Instants, histoires de vies tim1

Dans cette petite maison, elle installe des enfants handicapés, et leur enseigne l’écriture, la lecture, tout ce qu’elle peut, jusqu’a la couture et la peinture que vont mettre à profit les pensionnaires handicapés pour fabriquer des objets qu’ils commencent à revendre. Il faut savoir que la construction d’une telle “école illégale et improvisée” est une chance exceptionnelle pour les habitants de ce faubourg qui commencent à affluer.

Lorsque nous sommes passées la voir en 2006, elle achevait de guider la construction du “centre envol”, un complexe qui permet d’accueillir aujourd’hui 180 gamins à qui elle offre éducation et accés à la connaissance grace à des bénévoles qui viennent du monde entier pour participer à cette magnifique “entreprise” sociale et humaine. Elle permet à une trentaine de personnes handicapées de rattraper leur scolarité, de travailler, de trouver un foyer et surtout de retrouver leur dignité et la joie de vivre.

Le centre envol :

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Le jour ou la télévision vietnamienne l’invite à une émission, les Vietnamiens expatriés aux Etats Unis, en Europe ont vent de la chose et affluent vers le centre envol pour rencontrer Tim, constater et aider cette oeuvre.

Dernièrement, elle a proposé aux personnes qui pouvaient être mécènes d’acheter chacun une parcelle d’un terrain qu’elle convoitait pour son futur projet. Ainsi, chaque personne voulant participer à cette “entrée en bourse” devenait propriétaire d’une partie du « village chance » que Tim est en train de construire aujourd’hui. Chacun contribuait ainsi, sans autre bénéfice que celui de voir des gens vivre dignement, au développement d’une institution que Muhammad Yunus pourrait appeler une “social business”.

Le « village chance » sera constitué de bungalows adaptés pour la vie des pensionnaires handicapés, un restaurant dont la cuisine sera tenue par ces mêmes pensionnaires pour nourrir les touristes expatriés handicapés, et une structure d’accueil pour accueillir ces mêmes touristes.

Le village chance :

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Nous avons vu cela, et grande est notre émotion d’avoir rencontré cette femme, de l’avoir vu exploser des barrières telles que la maladie, la pauvreté, l’administration bureaucrate, la mousson, et de nombreux évènements que nous ne pouvons imaginer ici… simplement avec de la volonté, de la patience et de l’amour.
Tous les pensionnaires appellent cette femme “Maman”.
Nous avons vu cela, nous savons que ça existe, nous savons que c’est possible. Nous pensons que c’est un exemple et que cette histoire a sa place dans l’actualité bien plus que celle du petit Sarko qui va lutiner chez Mickey avec sa future épouse, les conclusions à en tirer apportant au demeurant une autre richesse et un autre espoir.

Tim et deux de « ses enfants » :

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Pour en savoir plus : Le site de la “Maison chance” > Récit

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