Archive pour août 2008

80 hommes pour changer le monde

Dimanche 31 août 2008

80 hommes pour changer le monde dans A bouquiner 80h


Une bouffée d’oxygène apportée par l’idée de deux jeunes stagiaires en fin d’etude, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, de faire le tour du monde, de rencontrer et d’interviewer des entrepreneurs sociaux.

Ce livre est le récit de leur rencontre avec Mohammad Yunus, père du micro crédit, Jaime Lerner maire atypique de Curitiba, et de bien d’autres hommes et femmes dont la préoccupation principale est de créer une société faite pour tous les hommes, bien avant le souci de profit personnel et individuel, valeurs originelles du libéralisme. Une rencontre avec des hommes convaincus qu’un autre monde est possible, parce qu’ils sont tout simplement en train de le construire.

Anectode : J’ai prêté ce livre à un pote qui m’a dit qu’il allait le préter à un pote. J’espère que ce bouquin va faire le tour du monde des potes.

La grande désillusion

Dimanche 31 août 2008

La grande désillusion dans A bouquiner grandedsillusion

Joseph Stiglitz, ancien vice président de la banque mondiale dénonce avec “La grande désillusion” les politiques désastreuses du FMI, l’arrogance et le cynisme de ses dirigeants. Il décrit comment le FMI dilapide des milliards de dollars destinés à la Russie après l’effondrement du bloc soviétique et récupérés et partagés par les oligarches quelques semaines seulement après leur versement sur les banques russes. Il évoque le chantage pratiqué par cette institution aux pays pauvres qui n’ont d’autres choix que d’accepter de pratiquer des politiques basées sur la sécurité du pays au dépends de création d’écoles, d’hopitaux, en clair des politiques sociales désastreuses, mais cependant très profitables aux banques et trust occidentaux.

 

Voyage au bout de l’humanitaire

Samedi 30 août 2008

Voyage au bout de l'humanitaire dans A bouquiner voyage 

 

Quel putain de bouquin !
(Oui, je sais, c’est grossier, mais finalement beaucoup moins dangereux que les choix de marketing de Nestlé dans les pays pauvres, ou beaucoup moins ravageur que la dernière publicité de Total qui invite les français moyens, c’est à dire nous, à se rassurer parce qu’ils continuent à trouver du pétrole). 

marcvachon dans A bouquinerDonc, disais-je, quel putain de bouquin, et quelle putain d’histoire racontée par un putain d’homme, Marc Vachon, avec la collaboration de François Bugingo.

C’est l’histoire, vraie, d’un mec qui existe pour de vrai, dont les parents ont décidé, ou pas, de ne pas lui distribuer sa part de bonheur. Marc est donc balloté de famille en famille, de rues sombres en deal de coke, d’embrouilles en prisons, le portrait parfait du méchant garçon complétement paumé, à qui la vie n’a pas franchement fait de cadeaux. Et un jour qu’il fuit son pays de naissance, le Canada, il se retrouve sous un porche, dans une rue quelconque de Paris, ou il se met à l’abri de la pluie. ce porche donne sur l’entrée de Médecins sans frontières. 
Sa vie bascule. Marc va parcourir le monde au secours des hommes qui souffrent du manque d’eau, du manque de bouffe, du trop de guerres et de pillages, du trop de maladies. Ceux qui ne voient jamais le bout du tunnel. Il fera les plus grands camps humanitaires et utilisera toutes les ficelles qui lui permirent de survivre dans sa vie d’avant pour aider les plus démunis. Ainsi, en faisant des faux papiers de l’ONU ou je ne sais plus quelle institution, il détournera au nez et à la barbe de Sadam Hussein plusieurs tonnes de pétrole pour aller réchauffer les habitations Kurdes.
Un livre poignant, qui décrit sans fioritures ce qui se passe “à côté de chez nous” par un mec qui se “débrouille”, loin des clichés et du politiquement correct.

Le début :

« Je m’appelle Marc Vachon. Je suis né le 27 octobre 1963, à Montréal, au Canada. Quelque part, près de Saint Henri, le quartier pauvre et ouvrier de sud-ouest de la ville. C’est là que j’ai été baptisé, treize jours après ma naissance à l’église Sainte Cunégonde. Très jeune, j’ai été abandonné aux portes de l’aide sociale. Quand exactement, personne ne le sait… ».

Qu’est-ce qui remplacera le pétrole, le gaz et le charbon ?

Lundi 11 août 2008

Voila la question ?

La réalité du réchauffement climatique est intimement liée à la production énergétique des civilisations humaines. Nous savons que le réchauffement est dû à l’augmentation de la concentration, dans l’atmosphère, de gaz à effet de serre. Nous savons que l’effet de serre est un phénomène qui, dans des proportions raisonnables, est un phénomène salutaire pour le maintien de la vie sur Terre.

Nous savons également, grâce au travaux du GIEC, qu’une part non négligeable de l’augmentation des gaz à effet de serre est d’origine humaine, et qu’une grande partie de cette augmentation est due à la combustion des énergies fossiles, pétrole, charbon et gaz.

  Qu'est-ce qui remplacera le pétrole, le gaz et le charbon ? dans Les questions qu'on se pose petrolecouv  charbon dans Les questions qu'on se pose  vosquestionselectricitegaz

Nous savons un petit peu moins que la communauté scientifique (le GIEC) lève les bras, gesticule dans tous les sens, multiplie les déclarations pour alerter qui veut bien l’entendre, c’est-à-dire certainement pas les dirigeants politiques, que nous disposons tout au plus d’une décennie pour diminuer drastiquement notre consommation d’énergie fossile afin d’éviter les pires conséquences sur nos civilisations. (A ce propos, il peut être intéressant d’aller jeter un oeil sur le rapport émis par le GIEC à l’attention des dirigeants, même si il faut y passer un peu de temps.) 

Or, les trois « éléments » pétrole, gaz et charbon composent l’essentiel de la production de l’énergie mondiale,  

                                                                                  soient 80 %  

A cela, il est bon de rajouter que la production d’énergie ne se limite pas, loin s’en faut, à fournir de l’électricité pour charger le MP3, faire fonctionner la photocopieuse, ou alimenter le petit écran pour regarder le journal de 20 heures, mais qu’elle est aussi nécessaire : 

> Pour fabriquer motos, voitures, camions, avions, jet-skis, bateaux, fusées…,
> Pour fabriquer tous les objets possibles et imaginables qui remplissent aujourd’hui les rayons de nos supermarchés (nourriture y compris) et les greniers des plus aisés d’entre nous,
> Pour climatiser ou chauffer ces mêmes supermarchés, nos maisons, nos bureaux, nos salles de sports, nos piscines, nos mairies, nos casernes, nos musées…,
> Pour faire bouger motos, voitures, camions, qui transportent, à travers le monde tous les objets dont je parlais précédemment, y compris le café ou le thé que l’on boit le matin, et que, sauf preuve du contraire, nous ne trouvons pas dans notre jardin de banlieue entre le pied de tomate et le semis de persil,
> pour fabriquer du papier, de l’acier, des engrais, faire pousser du blé, élever des poulets, du bétail….  

Autrement dit, pour fabriquer et faire fonctionner pratiquement tout ce qui nous entoure, y compris l’ordinateur que j’utilise pour vous raconter tout cela. 

En clair, nous nous trouvons confrontés à l’équation suivante : 

Comment maintenir nos niveaux de vie et poursuivre la sacro sainte « croissance »en substituant les énergies fossiles par d’autres énergies, le tout, en moins d’une décennie ? 

Ou encore, quelles énergies renouvelables vont remplacer les énergies fossiles pour nous permettre de continuer à vivre comme aujourd’hui ? 

Les remarques qui reviennent le plus souvent témoignent de la foi et de la confiance aveugles que certains affirment au profit des énergies “nouvelles” et de la toute puissance technologique de l’homme. Demain, quelques éoliennes, quelques panneaux solaires, et c’est reparti comme en 14. 

Il convient alors de rester prudent tout en regardant ce qui est, aujourd’hui et sera, demain, à notre disposition.
Il est important également de noter que l’Agence Internationale des énergies renouvelables, “L’IRENA” vient de voir le jour en ce début d’année 2009, car si un élément manquait pour tendre vers une ébauche de solution, c’était bien une cohésion entre les pays sur le solaire, l’éolien, la biomasse…. Or, les premiers signataires (plus de 75 pays au total à ce jour) : France, Allemagne, Espagne, Danemark, Autriche, Kenya, Emirats Arabes Unis s’engagent vers une course indispensable pour diminuer notre dépendance aux énergies fossiles.

Les éoliennes :                               Le solaire :

parceoliennes   champs

       La biomasse :                          L’énergie marémotrice :

evaluationdelaressourcebiomasseenergielarge   hydrolienne1mini

            La géothermie (à construire)          Le nucléaire (à construire)                 

 250pxgeothermie               nucleaire

 

Qu’est ce que le GIEC ?

Lundi 4 août 2008

Ce n’est pas une boisson locale polonaise. C’est en fait l’organisation scientifique dépendant de l’ONU qui traite du réchauffement climatique, sur laquelle sont censés s’appuyer les décideurs politiques, plus connus sous les pseudonymes de « Rois, présidents, ministres, chefs d’états, généraux… »

Signification : Groupement Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (en anglais I.P.C.C : Intergovernmental Panel on Climate Change).

Date de naissance : 1988 

A l’initiative de : G7 (ex G8, regroupement des nations les plus riches)
Par : Conjointement, l’Organisation Météorologique Mondiale et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement).
 
Reconnaissance : Prix Nobel de la paix 2007

Qu’est ce que le GIEC ? dans Les questions qu'on se pose rajendrapachauriwef200828cropped29« Chef de file » : Rajendra Pachauri

Organisation et raison d’être : le GIEC est une institution de l’ONU, organisée autour des représentants de tous les pays du monde (excepté Taïwan et le Vatican (Allez savoir pourquoi ?))
Son activité essentielle  est l’expertise
des informations scientifico-socio-économique au sujet du changement climatique d’origine humaine.  Il est subdivisé en trois groupes dont les missions respectives sont :

    1. Etude du fonctionnement du climat et de l’évolution
    2. Etude sur l’impact et le vulnérabilité des systèmes humains face aux changements
    3.
Etude des moyens d’atténuer les effets du changement 

Pour en savoir plus : Site officiel du GIEC version française.

L’homme a t’il toujours la solution ?

Vendredi 1 août 2008

L’homme a t’il toujours la solution ? dans Les questions qu'on se pose podium2  

SUPER CHAMPION

L’homme a « toujours la solution » ?

Nous croisons parfois des hommes et des femmes qui sont persuadés que notre espèce est suffisamment intelligente pour trouver les technologies, les idées, les actions nécessaires aux problèmes qui s’offrent à elle, et qu’il en a toujours été ainsi, faisant de nous des êtres invincibles, indestructibles. Nous entendons leurs arguments et nous les trouvons, sans les juger, parfois décalés et éxagérément optimistes ou aveugles, car nous pensons ceci :   

« Toujours » :

brachio dans Les questions qu'on se poseLa part de l’histoire de l’homme comparée à celle de la terre est de l’ordre de l’insignifiant (la durée d’existence de l’espèce humaine ne représente qu’un 16ème de celle des grands reptiles, qui  elle même ne représente que le 30ème de celle de la planète  planet13 : nous sommes de tout petits nouveaux nés qui avons une toute petite histoire…).

Nous trouvons le « toujours » très exagéré.

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« La solution » :

Nous pensons ensuite que les solutions pratiquées par les différentes civilisations humaines en périodes de crise n’ont pas toujours fait le bonheur de celles qu’elles étaient censées protéger.
Il suffit pour s’en convaincre d’écouter n’importe quelle radio, de regarder n’importe quel site internet ou télévision qui rappelle de temps en temps qu’en 94, par exemple, le tiers de la population rwandaise a occis, démembré, décapité, découpé, assassiné (Voir :
Quelques jours en avril) presque en direct sur nos écrans vidéo, plasma, grand écran a cristaux liquides, 10 % de la population du pays, soit 4 fois la population de bordeaux intra muros, soit 800.000 hommes femmes et enfants en moins de 3 mois, et ce pour des raisons originelles bien simple : Mauvaise gestion des institutions internationales monétaires, chute du cours du café, effondrement économique, raréfaction des terres cultivables, pression excessive sur l’environnement, manque de nourriture et indifférence générale de la communauté internationale. Les manipulations politiques et ethniques ont fait le reste.
Quel exemple morbide de “solution” ! Il n’est pas besoin de rentrer dans les détails des génocides amérindiens, juifs, cambodgiens, kurdes, arméniens…). Et ces « choses là » ne se passent pas « qu’ailleurs ».
Il semble donc beaucoup plus facile de parler de « solution » lorsqu’on est confortablement installé dans son fauteuil cuir pleine fleur en sirotant un whisky glace à Londres, Antibes, ou Détroit, que lorsqu’on vit par exemple à Kigali en 1994 ou à Nairobi en 2008. 

Que faire avec ça ?

Il ne s’agit pas de sombrer dans le catastrophisme, dans la peur de renouveler de telles erreurs, de telles horreurs et des crimes aussi odieux, mais de nous méfier de notre parfois trop grande suffisance… Il nous paraît important de savoir ces choses non par voyeurisme, mais pour connaître notre histoire d’hommes, la comprendre pour éviter de commettre à nouveau ces carnages inutiles, et pour envisager de créer, d’imaginer et d’essayer des sociétés plus équitables et surtout plus paisibles. C’est le moment de tendre vers une solidarité mûrie. Cela existe déjà chez des hommes. Une tradition mongole nous enseigne qu’il est dans les usages des invités, cavaliers de la steppe, de passage, par des froids de -30° Celsius d’entrer dans la yourte de l’hôte, sans s’annoncer, sans frapper et qu’il est dans les traditions de se faire servir un bon vieux thé au sel pour permettre une halte chaleureuse. Ce sens de l’accueil est probablement né des difficiles conditions de vie de ces peuples, et les a fait survivre. Des hommes entament déja dans nos civilisations des révolutions économiques et sociales. (Il peut être bon de lire l’excellent recueil d’entrepreneurs sociaux de Mathieux Leroux et Sylvain Darnil : 80 hommes pour changer le monde, le dernier livre de Muhammad Yunus, « Vers un nouveau capitalisme«  ou de s’interroger sur l’oeuvre de « Jaime Lerner« , maire de la ville brésillienne de Curitiba, ou celle non moins porteuse d’espoir de « la femme qui a trois cents enfants« . Nous souhaitons que l’homme sache retrouver ce type de clés, et nous savons déjà qu’il en est capable.

En cela, la connaissance pourrait elle représenter une fidèle alliée ?
 
   

La connaissance pour le changement :

J’ai regardé dernièrement le film Blood Diamond, mi drame, mi commentaire, qui évoquait la vie de bandes rebelles de Sierra Léone au cœur des trafics de diamants et des enfants soldats. J’ai creusé plus loin sur différents articles pour en savoir plus.
Je me suis posé cette question : Comment, en sachant que 20 % des diamants vendus en occident sont issus de toutes ces tueries, que des enfants ont été armés pour commettre les pires atrocités dans un climat de violence surréaliste, nous avons encore envie d’acheter de telles horreurs, sachant qu’on a 2 chances sur 10 d’acquérir un joyaux qui a côtoyé le plus abject de l’humanité. Quel terrible dilemme.

Comment pourrions-nous arborer une telle parure avec fierté, en sachant toute cette histoire, sans douter un instant…? à moins d’être gravement atteint de xénophobie pathologique.
Quelle est la véritable valeur de cette pierre que les hommes vendent au prix du sang, que nous avons sur les doigts. 
Notre beauté « relative” doit elle être à ce prix ?

 Caillou dont une partie du commerce permet à la photo du bas d'exister, et à une minorité d'homo sapiens de se croire important parce qu'il en possedent Pur produit de la connerie de l'homo sapiens alimenté par le commerce du caillou d'à côté

Et dire qu’aujourd’hui, cette idée de refuser d’acheter de telles choses pour faire cesser ces drames ou pour ne pas les cautionner, ni les commémorer, passerait pour complètement farfelue, alors que nous sommes intimement liés à ce commerce puisque nous l’alimentons. Mais qui veut entendre cela ? 

Et on pourrait aller plus loin. 

> Risque de disparition des stocks de thon rouge. S’arrête-t-on d’en consommer pour autant ? 

Têtes de thon coupées pour alimenter le délicat palais d'une minorité d'homo sapiens raffinés

> Les constructions de fermes d’élevages de crevettes, destinées pour grande partie aux populations occidentales ont provoqué, en un quart de siècle, la disparition de 20 % des mangroves. Or, pour faire simple, les mangroves offrent la protection pour la reproduction de plus de la moitié des espèces marines.

Paysage permettant à la moitié des espèces marines de se reproduire, jugé inutile par l'homo sapiens

> Commercialisation des bois exotiques non labélisés. (Petit jeu : Allez faire un tour chez quelque Leroy ou Casto du coin, et comptez la proportion de bois exotiques labélisés et affichés FSC*, par rapport à ceux qui sont vendus. Votre serviteur l’a fait pour vous :

Novembre 2008, sur 13 modèles exposés, 2 étaient labélisés (c’était du parquet en pin) ce qui s’ignifie que les 11 essences de bois exotiques à la vente proviennent de forêts non certifiées (traduisez pour partie exploitation illégale, ou encore déforestation sauvage) Alors, quel est le vrai prix de ma terrasse en iroko, en padouk ou en sipo ?  J’achète quand même ??? 

(*) FSC : Forest Stewardship Council (Label de protection garantissant l’origine « vertueuse » de la gestion des forêts) 

…Et pour aller encore plus loin, voir l’excellent documentaire « We feed the world » de Mr Erwin Wagenhofer, inspiré du livre « L’empire de la honte« , de Jean Ziegler, ex représentant à l’ONU pour le droit à l’alimentation dans le monde.

Pouvons nous espérer que ce type de connaissances nous permettra de modifier nos modes de consommation, et par conséquent, nos comportements ? 

Savoir pour comprendre, savoir pour décider en connaissance de cause, savoir pour changer, chacun à notre niveau.

L’homme a-t-il alors la solution ? Nous serions tentés de dire oui, chacun à son niveau, chacun avec son niveau de connaissance, chacun détient une clé.
Il y a alors fort à parier que nous aurons besoin de toutes les clés. 

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Politiques ou scientifiques ?

Vendredi 1 août 2008

A ceux qui se posent la question de savoir si la préconisation du G8 de réduire de moitié les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) à horizon 2050 nous permettra de continuer à visualiser en 2020 les prochaines aventures d’Indiana Jones sur écran plasma, en envisageant le prochain voyage à Marrakech avec les enfants à bord du 4×4 solaire « Yagatsun », climatisé et non polluant, tout en mangeant des sandwichs au pain bio, conditionné dans des emballages recyclés, biodégradables, dont la moitié du fruit de la vente a permis de creuser 12 puits au Soudan, il est bon de savoir ceci :

Différentes ONG dont le WWF, le GIEC , prix nobel de la paix 2007, (Institution qui réunit les plus grands spécialistes du monde, c’est à dire des hommes et des femmes qui ont le nez plongé dans l’actualité scientifique et qui sont donc visiblement bien placés pour savoir de quoi ils parlent) condamnent sans appel la préconisation décalée du G8 par rapport à leurs connaissances de la situation climatique et de ses impacts.

Le fossé :

G8 :     Nous allons réduire de moitié à horizon 2050
GIEC :  Nous devons réduire d’une fourchette de 50 à 85 % à horizon 2020
Total* : En 2030, les 3/4 de l’énergie consommée seront toujours issus des combustibles fossiles (pour info : aujourd’hui, les énergies fossiles produisent 80 % de l’énergie mondiale. Je vous laisse faire le calcul qui montre sans équivoque le véritable « engagement » des pétroliers pour lutter contre le réchauffement)
(*) Environnement et Société 2007, page 4 

Il est étonnant de constater les écarts importants entre les préconisations des dirigeants politiques, les préconisations des scientifiques du GIEC, et l’inquiétante assurance du groupe pétrolier, qui considère que nous avons besoin des énergies fossiles. Il serait grand temps de redéfinir le mot « besoin ».
Le sujet ne doit pas être traité à la légère. Il suffit pour s’en convaincre d’aller fouiller sur le site du GIEC (mis en place à l’initiative du G7, les décideurs de l’époque) qui donne une petite idée des conséquences du réchauffement sur nos civilisations à court terme.

Il est également bon de savoir qu’en 1968, (il y a 40 ans) le rapport Meadows demandé par le Club de Rome évoquait “les limites de la croissance”, mettant en garde les dirigeants et économistes de haut-rang sur le danger de continuer à ignorer les problèmes de réchauffement climatique, de pollution, de crises sociales et démographiques qui provoqueraient immanquablement les troubles que nous découvrons aujourd’hui, en « direct live ».

Lettre morte… 40 ans plus tard, le G8 nous propose une nouvelle échéance de 40 ans (ça doit être un forfait !) Je crains que cette nouvelle “quadrade” ne nous soit fatale, sans réactions de notre part.

Pourquoi un tel retournement de situation ?

L’histoire nous enseigne également qu’au 17eme siècle, un certain Galiléé avait bousculé les idées du pouvoir religieux en place à cette époque, en argumentant le fait que la Terre n’était pas, loin de là, le centre de l’univers, mais que celle-ci tournait sur elle-même, et autour du Soleil. Il remettait en cause l’essence même de la religion dont l’idée principale tournait autour du fait que Mr Dieu, très influant à l’époque, avait créé la Terre pour les hommes, et que celle-ci était donc forcément le centre de tout. Imaginez la révolution…

Cet homme dût renier temporairement sa découverte qui est une réalité reconnue aujourd’hui.

L’humanité se retrouve aujourd’hui face à une nouvelle confrontation pouvoir/science, face à un dilemme capital.
Et si les scientifiques avaient raison ?